Implant multifocal : quel temps d’adaptation

par | 7 décembre 2023

Cette actualité appartient aux catégories suivantes : Cataracte | Opération cataracte

Le remplacement des cristallins ou suite à une chirurgie de la cataracte par des implants multifocaux, permet fréquemment aux patients opérés de se passer définitivement du port de verres correcteurs, quelle que soit la distance d’observation. Cependant, avant d’atteindre ce nouveau niveau de confort, le cerveau des sujets traités doit s’adapter à ce nouveau système visuel, cette neuro-adaptation se faisant en quelques jours ou en quelques semaines selon les patients.  Cela est tout à fait normal car la dispersion de la lumière se fait sur 2 ou 3 foyers ; un autre élément est important à analyser : le jeu pupillaire. En effet, l’implant multifocal le plus fréquemment posé est un implant diffractif avec une bonne vision de près au centre de l’implant et une bonne vision intermédiaire et loin en périphérie.

 

Indications de l’implant multifocal

 

Qu’il s’agisse de chirurgie sur cristallin encore clair (Prelex) ou d’une intervention de prise en charge de la cataracte, le protocole opératoire est exactement le même. Après instillation de gouttes anesthésiantes dans l’œil et incision de la cornée, le chirurgien procède à la fragmentation du cristallin, en utilisant une minuscule sonde à ultrasons. Les débris sont alors extraits et une lentille artificielle est introduite dans l’œil, en appui sur la partie postérieure de la capsule qui contenait le cristallin naturel.

La mise en place de cet implant poursuit un double objectif. Il s’agit d’une part de rendre à l’œil opéré sa transparence normale (traitement de la cataracte) et, d’autre part, d’apporter une correction optique pour tout ou partie des défauts de vision du patient : éventuelle myopie ou hypermétropie, accompagnée ou non d’astigmatisme et/ou de presbytie.

Il existe ainsi différents types d’implants. Au sein de ceux-ci, les monofocaux ne corrigent la vision qu’à une seule distance d’observation, proche ou lointaine, selon que le patient est hypermétrope ou myope. Pour leur part, les implants multifocaux permettent aussi la prise en charge de la presbytie, corrigeant la vue de près et de loin (implants bifocaux), parfois même aussi la vision intermédiaire (implants trifocaux).

 

Quel résultat attendre de la pose de l’implant multifocal ?

 

L’extraction et le remplacement du cristallin par une lentille artificielle n’est quasiment jamais réalisée le même jour sur les deux yeux, pour des raisons de confort et de sécurité. Ainsi, en premier lieu, il est aisé de comprendre qu’avec un œil opéré, équipé d’un implant, et l’autre pas, la vision du patient ne soit pas nette entre les 2 interventions, généralement espacées de 7 jours. Ensuite, la récupération visuelle se fait de manière progressive et, d’après certaines études, près de 95% des sujets traités peuvent se passer définitivement de verres correcteurs.

Néanmoins, avant d’atteindre cette qualité de résultat, le principe général de fonctionnement des implants multifocaux induit la nécessité d’une phase d’apprentissage. En effet, d’une certaine façon, ces lentilles artificielles séparent la lumière en deux parties, l’une pour voir de près et l’autre de loin. Ainsi, différentes images se forment de manière simultanée sur la rétine et sont transmises via le nerf optique au cerveau. C’est lui qui, en fonction des circonstances (observation proche ou lointaine), va devoir apprendre à faire le tri et à ne considérer que les informations d’intérêt à un instant donné. Ce phénomène d’apprentissage est désigné par le terme « neuro-adaptation » et prend, selon les patients, de quelques jours à quelques semaines.  Deux informations sont importantes à connaître lors de la pose d’implant multifocal :

  • La lumière, il est en effet important d’avoir une bonne lumière pour voir de près lié au jeu de la pupille et à l’architecture de l’implant. S’il y a une baisse de contraste, alors la vision de loin sera préféré pour l’œil et la vision de près de moins bonne qualité. En revanche, avec l’aide d’une lumière de qualité, la vision de près sera de meilleure qualité par rapport à la vision de loin.
  • Les halos liés à la morphologie de l’implant peuvent gêner les premiers mois et il est déconseillé de poser ce type d’implants chez des patients ayant une activité professionnelle en rapport avec la conduite. En effet, la nuit la pupille se dilate, les mires (marches d’escalier) dont sont composées les implants sont plus importants, cela entraîne ainsi une augmentation de la dispersion lumineuse au sein de l’implant et donc sur la rétine. Le patient verra ainsi le phare et autour du phares plusieurs cercles lumineux.

Dernières actualités du Dr Nicolau

Opération de la presbytie : quel résultat en attendre ?

Opération de la presbytie : quel résultat en attendre ?

Grâce à la variété importante des techniques de chirurgie réfractive aujourd’hui disponibles, chaque patient peut bénéficier d'un protocole adapté pour traiter sa presbytie. La stabilité de la correction dans le temps est cependant variable en fonction de l'âge et,...

Peut-on regarder un écran après une PKR ?

Peut-on regarder un écran après une PKR ?

Pour beaucoup, l'utilisation intensive d’écrans fait désormais partie intégrante du quotidien et, en être privé, ne serait-ce que temporairement, constitue un désagrément. Ainsi, la question du retour à l’utilisation d’écrans après PKR est récurrente en consultation....

Quel est le coût d’une opération des yeux ?

C’est surtout la technique opératoire employée qui détermine le tarif d’un traitement de chirurgie ophtalmologique. Or, le choix de la méthode chirurgicale à mettre en œuvre dépend de critères multiples. Le coût d'une opération des yeux ne peut ainsi être fixé...

Découvrez

CHIRURGIE RÉFRACTIVE

CHIRURGIE DE LA CATARACTE

SÉCHERESSE OCULAIRE

PAUPIÈRES

KÉRATOCÔNE