Quels sont les risques de la chirurgie de la cataracte ?

La chirurgie constitue le seul traitement possible de la cataracte, opacification du cristallin qui intervient principalement sous l’effet de l’âge. Il s’agit d’une opération extrêmement fréquente, sûre et efficace. Néanmoins, comme pour tout acte chirurgical, il existe des risques de complication, aussi minimes soient-ils.

cataracte risques effets secondaires ophtalmo paris specialiste chirurgie refractive chirurgie cataracte paris docteur romain nicolau

La chirurgie de la cataracte présente-t-elle des risques ?

L’œil humain est notamment constitué de deux lentilles naturelles, la cornée et le cristallin. Ce dernier est normalement transparent et laisse parfaitement passer les rayons lumineux en direction de la rétine, située en arrière.

Néanmoins, la plupart du temps sous l’effet du vieillissement, il peut avoir tendance à s’opacifier. Cette évolution naturelle, appelée « cataracte », atteint la plupart des individus, en général à partir de 65 ans. La vue du patient devient alors trouble et il a la sensation de voir les objets au travers d’un voile blanchâtre.

La cataracte peut en premier lieu être prise en charge par le port de verres correcteurs. Mais, très fréquemment, cette solution n’est efficace que temporairement et l’impact de la cataracte sur le confort quotidien devient au final trop handicapant.

Le seul traitement possible est alors chirurgical. Il consiste à remplacer le cristallin opacifié par un implant.  Ses caractéristiques sont préalablement déterminées grâce à différentes analyses préopératoires, afin de correspondre parfaitement aux besoins du patient.

Cette intervention est celle qui est la plus fréquemment réalisée dans le monde, tous domaines médicaux confondus. En France, près de 500 000 patients sont opérés chaque année. Le corps médical dispose donc d’un recul immense sur la chirurgie de la cataracte.

Pourtant, il ne s’agit pas d’un acte anodin et, comme pour toute intervention chirurgicale, il existe des risques et des complications. Elles peuvent survenir au cours de l’opération ou pendant la période post-opératoire. Leur taux d’occurrence reste cependant extrêmement bas, de l’ordre de 1 à 1,5%, qu’il s’agisse de complications bénignes ou sévères. Elles se produisent plus fréquemment lorsque certaines pathologies préexistent chez le patient. Ainsi, les diabétiques, les immunodéprimés ou les individus déjà atteints d’affections oculaires sont statistiquement plus vulnérables.

Opération de la cataracte : complications possibles

Le suivi post-opératoire est primordial pour détecter l’apparition éventuelle de complications. Par ailleurs, certains symptômes doivent alerter le patient.

Ainsi, en cas de baisse soudaine de la vision, de rougeurs oculaires persistantes, d’hypersensibilité continue à la lumière, de « corps flottants » dans le champ de vision, de fièvre ou de nausée, un spécialiste doit être contacté le plus rapidement possible. En effet, dans la majeure partie des cas, les complications de la chirurgie de la cataracte sont traitées avec succès quand elles sont détectées et prises en charge de manière précoce.

 

Risques liés à l’anesthésie

Le plus souvent, des gouttes de collyre anesthésiant sont instillées dans l’œil avant l’intervention. Ces gouttes contiennent des conservateurs qui peuvent légèrement altérer la surface oculaire entraînant en post opératoire immédiat des sensations de grains de sables, irritation de la cornée, larmoiement qui durent seulement quelques heures et disparaissent le lendemain de l’intervention.

Néanmoins, dans certaines circonstances, une anesthésie péri-bulbaire (injections autour et derrière l’œil) peut s’avérer préférable. Elle induit alors un risque minime de formation d’un hématome orbitaire, aux conséquences potentiellement graves, par compression du nerf optique ou de l’artère centrale de la rétine

 

Hémorragie choroïdienne expulsive

Extrêmement grave et pouvant mener à la perte de l’œil, il s’agit d’une complication qui peut survenir pendant l’opération. Sous l’effet de variations de pression dues à l’hémorragie, les tissus intra-oculaires ont tendance à être repoussés à l’extérieur de l’œil. Cette complication reste rarissime.

 

Rupture capsulaire postérieure

Tout comme l’hémorragie choroïdienne expulsive, la rupture capsulaire postérieure est une complication qui peut avoir lieu au cours de l’intervention. Elle correspond à une rupture de la capsule qui contient le cristallin. Il est fréquent que le chirurgien puisse alors réagir immédiatement, en réparant les lésions avant de mettre l’implant en place. Néanmoins, dans d’autres cas, une intervention secondaire doit parfois être programmée car l’œil a été trop fragilisé pour mettre l’implant.

 

Œdème maculaire ou Syndrome Irvine Gass

Cette complication est susceptible d’apparaître entre 1 et 3 mois après la chirurgie. Dans ce cas, au niveau de la macula (zone centrale de la rétine), se forme un œdème qui entraîne une baisse de la vision avec l’impression d’un flou visuel, de lignes déformées et une tâche noire au centre de la vue. Dans plus de 99% des cas, un traitement anti-inflammatoire en goutte avec un inhibiteur de l’anhydrase carbonique suffisent à le faire disparaître en quelques semaines. En cas d’échec, des injections intraoculaires d’anti-inflammatoire seront envisagés.

Néanmoins, et dans de rares cas, il peut persister chez certains patients et récidiver sur un mode chronique.

 

Décompensation de la cornée

La technique opératoire la plus courante consiste à détruire le cristallin opacifié par phaco-émulsification, en utilisant une minuscule sonde à ultrasons. Cela peut endommager la couche la plus profonde de la cornée (« endothélium ») par destruction de cellules endothéliales. Différentes complications peuvent alors survenir, comme la formation d’un œdème cornéen, et, parfois, une greffe de cornée (« kératoplastie transfixiante ») peut s’avérer nécessaire.

 

Tass Syndrome

Il s’agit d’un rebond inflammatoire lors de l’arrêt des collyres post opératoires. Ce syndrome apparaît dans les jours qui suivent l’interruption du traitement. Il est plus fréquent chez les patients d’origine antillaises, ou du pourtour de l’équateur. Les symptômes sont un œil rouge, douloureux, avec une grande gêne à la lumière pouvant être associés à une baisse de vision. Il est important de consultation en urgence. Dans ces cas-là, il faudra reprendre un traitement à base de gouttes anti-inflammatoire pendant plusieurs semaines et à dose dégressive. Heureusement, cela finit par disparaître avec le temps et un peu de patience.

 

Endophtalmie

Le terme « endophtalmie » désigne une infection oculaire. Malgré toutes les précautions prises au cours de l’intervention et en période post-opératoire, elle peut se déclarer dans la semaine qui suit l’intervention chez 0,1 à 0,3% des patients opérés. L’endophtalmie est une complication grave qui doit être traitée en urgence au risque sinon de perdre l’œil. Cela se fait par des injections d’antibiotiques intra-oculaires, parfois complétées par un traitement intraveineux durant une hospitalisation de 5 jours minime.

 

Déchirure et décollement de la rétine

La chirurgie de la cataracte induit une augmentation du risque de décollement ou de déchirure de la rétine, et ce des années après l’intervention. Lorsqu’il s’agit d’une déchirure, un traitement au laser peut parfois être suffisant mais, dans le cas d’un décollement de la rétine, une intervention chirurgicale plus invasive est alors nécessaire. Dans tous les cas, le traitement doit être réalisé en urgence. Le taux d’occurrence cumulé de ces deux complications possibles est de l’ordre de 1%.

 

Opacification de la capsule postérieure

Une fois le cristallin naturel extrait, le patient ne peut plus souffrir de cataracte proprement dite. L’opacification de la capsule postérieure est pourtant souvent désignée par l’expression « seconde cataracte », à tort. Elle correspond en réalité à une altération de l’arrière du sac cristallinien qui devient trouble. Cela peut notamment avoir lieu lorsque des cellules non retirées au cours de l’intervention se mettent à y proliférer. Un traitement au laser de quelques minutes permet alors de redonner au sujet une vision parfaitement nette.

 

Problèmes liés à l’implant cristallinien

Les tests biométriques préopératoires permettent de déterminer précisément la correction à apporter par l’implant mis en place. Il peut néanmoins arriver que le résultat ne soit pas satisfaisant et qu’une seconde intervention soit nécessaire pour remplacer l’implant. Dans d’autres cas, cet acte chirurgical secondaire doit être réalisé pour remettre l’implant en position correcte, en particulier parce que le patient en voit le bord en permanence ou a une vision dédoublée.

En cas de mauvais résultat réfractif, il sera aussi possible de mettre un deuxième implant dans l’œil pour corriger et améliorer la vue.

 

Ptosis

La chirurgie de la cataracte peut parfois entraîner une chute de la paupière inesthétique. Dans la plupart des cas, il s’agit d’une manifestation momentanée qui disparaît spontanément en quelques semaines. Néanmoins, chez certains patients, la correction du ptôsis requiert une opération chirurgicale.

Découvrez aussi

CHIRURGIE RÉFRACTIVE

SÉCHERESSE OCULAIRE

PAUPIÈRES

KÉRATOCÔNE

2 Commentaires

  1. Lallau J.-M.

    RECH : clinique ayant recours à l’eau pulsée plutôt qu’aux ultra-sons dans la chirurgie de la cataracte. Merci

    Réponse
    • docteur-nicolau

      Bonjour, le système Ozil est utilisé permettant de délivrer des vibrations sans ultrasons. Ainsi l’endothélium de la cornée est préservée. Les interventions ont lieu à la Clinique Oudinot ou Mont Louis.
      Dr Romain Nicolau

      Réponse

Soumettre un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.