Hypermétropie : définition, symptômes et traitement

L’hypermétropie est un trouble visuel qui gêne la vision de près. Compensée par des efforts d’accommodation, elle peut passer inaperçue longtemps, ce qui explique les diagnostics souvent tardifs.

Qu’est-ce que l’hypermétropie ?

L’hypermétropie n’est pas une pathologie oculaire mais un trouble visuel réfractif qui affecte la vision de près. Elle concernerait entre 10 et 13% de la population. Mais ce pourcentage est très certainement sous-évalué, car beaucoup d’hypermétropes ne sont pas diagnostiqués, ou le sont très tardivement.

En effet, l’hypermétropie se caractérise essentiellement par une difficulté d’accommodation et une fatigue visuelle que la personne compense, parfois inconsciemment, pendant des années. Il n’est donc pas rare que le trouble ne soit diagnostiqué que vers 35 ou 40 ans. A cet âge, les efforts constants d’accommodation ne suffisent plus, et plus tard, quand apparaît la presbytie, l’impact sur la vision de près devient trop important.

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Comment se manifeste l’hypermétropie ? Symptômes

La vision de près est floue et nécessite une accommodation constante. La vision de loin peut aussi, dans une moindre mesure, être affectée au fil des années.

La personne hypermétrope va donc avoir tendance à plisser les yeux pour compenser le défaut visuel. Les principales manifestations de l’hypermétropie sont :

  • des yeux rougis, qui piquent ou qui brûlent ;
  • des maux de tête, notamment en fin de journée ou après des activités minutieuses ;
  • une vision qui fluctue au fil de la journée, en fonction des efforts d’accommodation et de la fatigue visuelle accumulée.

Chez l’enfant, ces efforts et cette fatigue peuvent même nuire aux apprentissages scolaires. C’est pourquoi il est important de réagir sans tarder lorsqu’on constate ces manifestations chez de jeunes enfants.

Quelles sont les causes de l’hypermétropie ?

L’hypermétropie peut être due :

  • à un globe oculaire trop court ;
  • ou à une cornée ou un cristallin trop plats.

En raison de cette puissance optique affaiblie, les rayons lumineux ne convergent pas assez. Au lieu de focaliser sur la rétine, ils convergent en décalé, sur l’arrière. L’image apparaît donc floue et pour aboutir à une vision nette, la personne doit faire un effort d’accommodation.

Qui est concerné par l’hypermétropie ?

A la naissance et dans la petite enfance, l’hypermétropie est naturellement présente car l’œil a une petite taille. Mais c’est un défaut transitoire : au fur et à mesure de la croissance, l’œil atteint sa taille définitive et le défaut visuel disparaît en principe.

Certaines personnes gardent un œil trop court, ou la courbure du cristallin ou de la cornée n’est pas suffisante. Chez elles, le trouble visuel persiste au-delà de l’enfance. Pour autant, il n’est pas nécessairement diagnostiqué ni corrigé immédiatement, puisque la personne va, parfois sans même en être consciente, fournir les efforts d’accommodation qui vont camoufler le trouble.

Quelles sont l’évolution et les complications possibles de l’hypermétropie ?

En principe, une hypermétropie se stabilise avec le temps mais la gêne ne disparaît pas.

Sans correction, les muscles optiques deviennent moins performants avec l’âge et la vision reste floue en dépit des efforts d’accommodation. La presbytie, qui apparaît vers 45/50 ans, résulte de la perte de capacité du cristallin à accommoder et a donc une incidence directe sur l’aggravation de la vision de près.

L’hypermétropie expose par ailleurs à un risque accru de glaucome aigu par fermeture de l’angle. C’est une forme particulière de glaucome due au fait que l’œil est court : l’angle entre l’iris et la cornée s’en trouve réduit, au point parfois de se fermer sous l’action du cristallin qui pousse l’iris. Cette fermeture aboutit à l’impossibilité d’évacuer l’eau de l’œil et provoque un glaucome.

Diagnostic et examens à réaliser

Le diagnostic est posé grâce à un examen ophtalmologique qui permet de définir la correction la plus adaptée en fonction du degré d’hypermétropie :

  • hypermétropie faible quand elle est comprise entre + 0,25 et + 2 dioptries ;
  • hypermétropie moyenne entre +2 et +6 ;
  • hypermétropie forte au-delà de + 6 dioptries.

Le diagnostic de l’hypermétropie présente une particularité : chez les patients les plus jeunes, habitués à compenser le trouble visuel de façon inconsciente, les efforts d’accommodation peuvent fausser les résultats de l’examen de la réfraction. Pour atténuer cet effet, l’ophtalmologiste réalise donc souvent en complément un test avec un collyre qui paralyse transitoirement les mouvements du cristallin. Ainsi, le degré réel de l’hypermétropie peut être mesuré de façon plus juste.

Hypermétropie : quel traitement ?

 

Traitement par le port de lunettes ou de lentilles cornéennes

Le port de verres convexes progressifs permet de corriger l’hypermétropie. Le verre étant plus épais en son centre, il grossit l’œil et corrige la focalisation des faisceaux lumineux sur la rétine.

Selon le degré de l’hypermétropie, les lunettes peuvent être portées toute la journée, ou seulement pour la réalisation de travaux minutieux, la lecture ou le travail sur écran. On parle alors de « lunettes de repos ».

Les lentilles cornéennes sont une bonne alternative, à condition de bien respecter les règles d’usage et d’hygiène.

 

Traitement chirurgical de l’hypermétropie

Plusieurs types de traitements chirurgicaux sont possibles.

  • La chirurgie réfractive au laser : elle permet d’agir sur la forme trop plate de la cornée. Grâce au laser, la courbure de la cornée est remodelée pour permettre une convergence normale des rayons lumineux sur la rétine. Réalisée en ambulatoire, l’intervention est simple et donne de très bons résultats, même si elle est plus risquée que pour la myopie et que des récidives restent possibles. Après une intervention, le patient n’est plus obligé de porter des lunettes ou des lentilles. Au-delà d’un certain âge, l’intervention permet même d’améliorer à la fois l’hypermétropie et la presbytie grâce à l’usage d’un laser spécifique, le Presbylasik.
  • La pose d’implant phake peut également être discutée. Il s’agit d’une lentille placée devant le cristallin pour remédier à son défaut de courbure. Mais la pose d’implant est toujours plus risquée que le simple remodelage au laser. Le rapport bénéfice/risque doit donc être soigneusement mesuré avant de proposer cette alternative au patient.
  • Enfin, la technique Prelex permet de corriger à la fois l’hypermétropie et la presbytie : il s’agit cette fois de remplacer le cristallin par un implant.

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