PKR, LASIK, SMILE Pro ou implant ICL : ce que j’ai présenté aux ophtalmologistes, opticiens et orthoptistes lors de la soirée ZEISS de juin 2026 — et ce que tout patient parisien devrait savoir avant de se faire opérer des yeux.
En juin 2026, j’ai été invité par ZEISS à présenter devant des confrères ophtalmologistes, des opticiens et des orthoptistes une synthèse des indications de la chirurgie réfractive à partir des données publiées les plus récentes. Cet article en reprend l’essentiel, dans un langage accessible. Mon objectif est simple : vous aider à comprendre pourquoi il n’existe pas une meilleure technique, mais une technique adaptée à chaque œil.
La chirurgie réfractive en quelques chiffres
- 5 à 6 millions d’interventions par an dans le monde, avec une croissance d’environ 5 % par an.
- 97 % de satisfaction, toutes techniques confondues (ESCRS 2024).
- 35 ans d’âge moyen, avec un pic entre 25 et 45 ans.
- Près d’un myope éligible sur deux (48 %) ignore qu’il peut être opéré.
Ce dernier chiffre est celui qui m’a le plus marqué : à Paris, des dizaines de milliers de personnes vivent avec des lunettes ou des lentilles alors qu’une solution existe, souvent en moins de 10 minutes d’intervention.
Autre tendance de fond : en Europe, le SMILE Pro a dépassé le LASIK en volume d’interventions laser en 2025. Ce n’est pas un effet de mode, mais le résultat de dix ans de données cliniques accumulées.
Les 4 techniques de chirurgie réfractive
1. La PKR (ou TransPKR) — la chirurgie de surface
Le laser excimer remodèle directement la surface de la cornée, sans découpe. C’est la technique la plus ancienne, et toujours la plus sûre pour certaines cornées.
- Pour qui ? Myopie légère à modérée (jusqu’à −6/−7 D), astigmatisme, cornées fines, sportifs exposés aux chocs (sports de combat, rugby), retouches après un précédent laser.
- Avantages : pas de volet cornéen, aucune fragilisation mécanique, technique de repli quand le LASIK est contre-indiqué.
- Limites : gêne ou douleur les 2 à 3 premiers jours, lentille pansement, récupération visuelle en 3 à 5 jours et vision stabilisée en un mois environ.
2. Le LASIK — la référence mondiale
Un volet cornéen est découpé au laser femtoseconde, puis le laser excimer corrige la vision en profondeur. Il représente encore environ 80 % des interventions dans le monde.
- Pour qui ? Myopie légère à forte (jusqu’à −8/−10 D), astigmatisme, hypermétropie et surtout presbytie : c’est la technique de choix pour les patients de plus de 45 ans grâce aux traitements en monovision ou multifocaux.
- Avantages : récupération en 24 à 48 h, retour au travail dès le lendemain, quasiment indolore.
- Limites : le volet reste un point de fragilité en cas de choc violent ; le LASIK peut aggraver une sécheresse oculaire préexistante ; il exige une cornée parfaitement régulière.
3. Le SMILE Pro (VisuMax 800) — le laser sans volet
Le laser femtoseconde de dernière génération (2 MHz) sculpte une fine lenticule à l’intérieur de la cornée, que le chirurgien retire par une micro-incision de 2 à 4 mm. Pas de volet, pas d’ablation de surface. La création de la lenticule prend moins de 10 secondes par œil.
- Pour qui ? Myopie jusqu’à −8 D et astigmatisme, en particulier chez les sportifs, les personnes ayant une tendance à la sécheresse oculaire ou un métier à risque. Depuis novembre 2024, le SMILE Pro Hyperopic corrige aussi l’hypermétropie jusqu’à +7 D.
- Ce que disent les études : 96 % des patients voient 10/10 sans correction à 12 mois ; précision réfractive de ±0,12 D, la meilleure publiée en chirurgie laser (Reinstein, JCRS 2023) ; sécheresse oculaire post-opératoire nettement réduite par rapport au LASIK (méta-analyse de 18 études, 2 648 yeux) ; cornée biomécaniquement plus résistante qu’après un LASIK (Guo et al., 2019).
- Avantages : récupération en 24 à 48 h, cornée préservée, nerfs cornéens épargnés, centrage automatique (CentraLign®) et contrôle de la rotation de l’œil (OcuLign®) pour une précision maximale sur l’astigmatisme.
C’est aujourd’hui ma première intention pour la myopie, dès lors que la cornée s’y prête.
4. L’implant ICL — la solution des fortes myopies
Ici, on ne touche pas à la cornée. Une lentille souple en Collamer® est positionnée à l’intérieur de l’œil, devant le cristallin. C’est une technique additive et réversible.
- Pour qui ? Myopie forte à très forte (de −3 D à −30 D, là où le laser s’arrête vers −10 D), astigmatisme (ICL torique), cornées trop fines ou irrégulières pour le laser, patients de 21 à 45 ans avec une correction stable depuis plus d’un an.
- Ce que disent les études : sur les fortes myopies (−6 à −12 D), l’ICL offre une meilleure qualité optique et une meilleure efficacité que le SMILE (méta-analyse Cao et al., 2021) ; 98 % des patients voient 10/10 à 12 mois.
- Avantages : vision excellente dès le lendemain, aucune douleur, très faible impact sur la sécheresse oculaire, implant retirable à tout moment.
- Limites : intervention intraoculaire nécessitant un bilan spécifique (profondeur de chambre antérieure, comptage des cellules endothéliales, mesure de l’œil) et un suivi rigoureux, notamment un contrôle de la pression oculaire dès le lendemain. Coût plus élevé que le laser.
Tableau récapitulatif : quelle technique pour quel patient ?
| PKR | LASIK | SMILE Pro | ICL | |
|---|---|---|---|---|
| Principe | Chirurgie de surface | Volet + laser excimer | Lenticule sans volet | Implant intraoculaire |
| Myopie | jusqu’à −6 D | jusqu’à −8 D | jusqu’à −8 D | jusqu’à −30 D |
| Hypermétropie | jusqu’à +5 D | jusqu’à +7 D | jusqu’à +7 D | oui |
| Presbytie | – | +++ | – | – |
| Cornée fine | +++ | non | selon cas | +++ |
| Sports de contact | +++ | non | +++ | possible |
| Sécheresse oculaire | modérée | aggravée | faible | très faible |
| Réversible | non | non | non | oui |
| Gêne post-op | 48 h | quelques heures | quelques heures | aucune |
| Récupération visuelle | 3–5 jours | 24–48 h | 24–48 h | dès J1 |
Le vrai secret d’une opération réussie : le bilan préopératoire
C’est le message central de ma présentation, et celui que je répète à chaque patient : la consultation préopératoire représente 80 % du travail. Le choix de la technique — et parfois la décision de ne pas opérer — se joue là.
La complication que tout chirurgien réfractif redoute est l’ectasie cornéenne : une déformation progressive de la cornée après laser, qui survient sur des cornées fragiles non détectées. Elle est rare (moins de 0,5 % des cas selon les techniques), et surtout elle se prévient par un dépistage rigoureux.
Concrètement, avant toute intervention, mon bilan comprend :
- un interrogatoire précis : antécédents, allergies, profession, sports pratiqués, port de lentilles, et surtout les frottements oculaires, facteur de risque majeur trop souvent négligé ;
- une topographie cornéenne (Pentacam / MS-39), obligatoire et analysée personnellement par le chirurgien, avec calcul des scores de risque validés (score de Randleman, indices Belin/Ambrósio) ;
- une mesure de l’épaisseur cornéenne et du pourcentage de tissu qui sera modifié (le PTA doit rester inférieur à 40 %) ;
- une analyse du film lacrymal pour dépister une sécheresse oculaire ;
- une pupillométrie en faible lumière, pour anticiper halos et éblouissements nocturnes ;
- une aberrométrie et un examen du fond d’œil.
Lors de la soirée ZEISS, j’ai illustré cette démarche avec trois profils de patients réels (anonymisés) : un myope faible de 32 ans, sportif, orienté vers le LASIK ; un myope-astigmate de 28 ans pratiquant le MMA, opéré en SMILE Pro pour préserver sa cornée ; et une patiente de 35 ans dont la topographie montrait une élévation postérieure limite, pour laquelle une PKR de surface était le choix le plus sûr. Même correction, trois techniques différentes : c’est toute la logique de la chirurgie réfractive personnalisée.
Ce qui change en 2026
- SMILE Pro Hyperopic (CE et FDA, novembre 2024) : le SMILE devient un concurrent direct du LASIK sur l’hypermétropie.
- OcuLign® : mesure automatisée de la rotation de l’œil, pour une correction de l’astigmatisme encore plus précise.
- Intelligence artificielle et dépistage du kératocône : les algorithmes d’apprentissage automatique atteignent 98 % de sensibilité pour repérer les cornées à risque, et vont fiabiliser encore la sélection des candidats.
- Nouveaux calculateurs ICL (logiciel STELLA) : meilleure prédiction du positionnement de l’implant.
Suis-je un bon candidat ? Les 5 questions à se poser
- Vos lentilles vous gênent-elles (sécheresse, inconfort, intolérance) ? → Vous êtes probablement un bon candidat au laser.
- Votre correction est-elle stable depuis plus d’un an ? → C’est le critère fondamental d’éligibilité.
- Pratiquez-vous un sport régulièrement ? → Le SMILE Pro sera souvent privilégié.
- Avez-vous déjà envisagé de vous faire opérer ? → Un bilan permet de lever les doutes sans engagement.
- Votre ophtalmologiste vous a-t-il parlé des nouvelles techniques ? → Une information à jour, c’est déjà la moitié du chemin.
Chirurgie réfractive à Paris : pourquoi consulter le Dr Nicolau ?
Je suis chirurgien ophtalmologiste, spécialisé en chirurgie réfractive et de la cataracte, inscrit à l’Ordre des médecins de Paris et spécialiste en ophtalmologie depuis 2013. Je suis co-fondateur de l’Institut Laser Ophtalmologique Voltaire (ILOV) à Paris 11e, équipé des plateformes laser les plus récentes (ZEISS VisuMax 800, Schwind Amaris 750), et fondateur de Vision Santé Paris, centre d’ophtalmologie à Paris 12e, à deux pas de la Gare de Lyon.
Au-delà de mon activité chirurgicale, je m’implique dans la recherche clinique (notamment sur la chirurgie de l’hypermétropie par implant ICL), la formation des professionnels de la vision (ophtalmologistes, opticiens, orthoptistes) et le conseil auprès des acteurs de l’industrie ophtalmologique. Cet article est issu de l’une de ces interventions.
Ma conviction : un patient bien informé est un patient bien opéré. Si vous habitez Paris ou l’Île-de-France et que vous envisagez de vous libérer de vos lunettes ou de vos lentilles, la première étape est un bilan préopératoire complet.
📍 Institut Laser Ophtalmologique Voltaire — 5 rue de la Vacquerie, 75011 Paris
📍 Vision Santé Paris — 4 boulevard Diderot, 75012 Paris (Gare de Lyon)
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📷 Instagram : @dr.nicolau.ophtalmo
Questions fréquentes sur la chirurgie réfractive à Paris
À partir de quel âge peut-on se faire opérer de la myopie ?
Généralement à partir de 21 ans, à condition que la correction soit stable depuis au moins un an. Il n’y a pas d’âge limite strict pour le laser ; après 45–50 ans, on discute du LASIK avec traitement de la presbytie ou d’une chirurgie du cristallin.
Quelle est la technique la plus sûre ?
Il n’y a pas de réponse universelle : la technique la plus sûre est celle qui convient à votre cornée et à votre mode de vie. C’est le rôle du bilan préopératoire de la déterminer.
L’opération est-elle douloureuse ?
Le LASIK, le SMILE Pro et l’ICL sont réalisés sous anesthésie par gouttes et sont quasi indolores. La PKR entraîne une gêne pendant 48 heures environ.
Quand peut-on reprendre le travail ?
Le lendemain ou le surlendemain pour le LASIK, le SMILE Pro et l’ICL ; après 3 à 5 jours pour la PKR.
Combien de temps dure l’intervention ?
Environ 10 minutes pour les deux yeux en laser ; une vingtaine de minutes pour un implant ICL.
Le résultat est-il définitif ?
Oui pour le laser (la cornée est remodelée de façon permanente, une retouche reste possible si nécessaire). L’implant ICL est quant à lui réversible : il peut être retiré ou remplacé.
Sources : Reinstein DZ et al., J Refract Surg 2023 · Cung HS et al., Ophthalmol Ther 2025 · Guo H et al., BMC Ophthalmol 2019 · Gavinthaa SR et al., méta-analyse 2025 · Cao K et al., BMC Ophthalmol 2021 · Randleman JB et al., J Refract Surg 2021 · Recommandations EFB 2024 · ESCRS 2024. Présentation « PKR · SMILE Pro · LASIK · ICL : que retenir des indications en 2026 ? », soirée ZEISS × Institut Laser Ophtalmologique Voltaire, juin 2026.

Conférence Zeiss du Dr Romain Nicolau, Chirurgien réfractif à Paris











