Avant d’opérer un patient au laser, le chirurgien analyse notamment les résultats du bilan préopératoire, pour opter entre Lasik, PKR ou SMILE. Cette interprétation humaine induit une part de subjectivité que l’appui de l’IA permet désormais de corriger, sans pour autant remplacer le praticien en termes de décision thérapeutique.
LASIK, PKR et SMILE : rappel
La chirurgie réfractive cornéenne, c’est-à-dire au laser, repose aujourd’hui sur trois techniques principales : le LASIK, la PKR et le SMILE.
Le LASIK a comme principe la création d’un volet cornéen qui, une fois soulevé, donne accès au stroma, la couche intermédiaire de la cornée. C’est à ce niveau qu’est alors appliqué un laser Excimer, pour modifier la courbure cornéenne et donc apporter au patient la correction nécessaire. Ce protocole est réputé pour la rapidité de récupération visuelle qui suit l’intervention, mais expose à un risque d’ectasie en cas de cornée fragilisée.
Pour sa part, la PKR consiste aussi à procéder par photoablation du stroma au laser Excimer, mais après retrait de l’épithélium, couche cornéenne la plus externe. Le laser Excimer est donc appliqué moins profondément sur le stroma qu’au cours d’un Lasik. Cela explique que cette méthode soit préférée au Lasik en cas de cornée fine, même si les suites opératoires sont un peu douloureuses et la récupération visuelle plus longue.
Le SMILE se base quant à lui sur l’utilisation d’un laser Femtoseconde, outil de découpe ultra-précis. Ainsi, pour corriger la vue du patient, le praticien extrait de sa cornée un minuscule lenticule, dont les caractéristiques (forme, épaisseur, orientation…) sont déterminées en amont de l’opération. Ce protocole réduit les risques inhérents à la création d’un volet cornéen, évite les phénomènes de sécheresse oculaire parfois observés après Lasik et autorise aussi une récupération rapide et des suites opératoires indolores.
Chaque technique est plus ou moins adaptée à un patient donné, en particulier en fonction de ses caractéristiques cornéennes (épaisseur, régularité, topographie, présence de signes infracliniques de kératocône…) ainsi que de la nature et de la puissance du trouble visuel à corriger. Ainsi, c’est notamment sur la base des analyses du bilan préopératoire que le praticien décide du protocole le plus approprié, ce jugement humain incluant une part de subjectivité.
Apport de l’intelligence artificielle dans le choix de la technique opératoire
Aujourd’hui, l’intelligence artificielle vient renforcer le processus de sélection du mode opératoire. Les algorithmes, entraînés sur des milliers de données, intègrent les caractéristiques de la cornée du patient pour repérer des profils à risque.
Des études récentes confirment la puissance de tels outils, qu’il s’agisse de réseaux de neurones « convolutionnels » appliqués à l’analyse des cartes cornéennes ou de « forêts aléatoires » combinant topographie et données biomécaniques. Cela signifie par exemple que l’IA permet de mieux identifier les cornées qui pourraient décompenser après LASIK, c’est-à-dire évoluer vers une ectasie post-opératoire.
Pour autant, l’intégration de l’IA dans le parcours préopératoire ne remplace pas la décision du praticien. Elle constitue néanmoins une aide précieuse : en générant un score de risque ou une probabilité de succès pour chaque technique, elle réduit la variabilité inter-praticiens quant au meilleur choix thérapeutique.
D’autre part, cette approche contribue à améliorer la communication avec le patient : le chirurgien peut s’appuyer sur des prédictions chiffrées et reproductibles pour expliquer pourquoi telle technique est préférable. De ce point de vue, l’IA agit comme un levier de transparence et de confiance.










